Metz - Éducation Parler de la fessée pour la faire cesser

Une grande campagne nationale, relayée par l’Association mosellane d’action éducative et sociale en milieu ouvert, veut dire stop aux violences éducatives ordinaires. Alors fessées, gifles, menaces, cris : comment et pourquoi les éviter ?

 

Une campagne de sensibilisation aux violences éducatives ordinaires (VEO) est lancée au niveau national par l’association Stop VEO. À Metz, elle est relayée par l’Association mosellane d’action éducative et sociale en milieu ouvert (AAESEMO).

« L’objectif de cette campagne n’est pas de stigmatiser, mais d’apporter des outils pour sensibiliser sur un sujet qu’il est difficile d’aborder avec les parents », note Sophie Maurice-Pluchon, directrice de l’AAESEMO. « Certains sont dépassés et attendent des clés. Cette campagne permet de déclencher la discussion. » Fascicules et affiches seront disponibles chez les médecins traitants, les infirmières et tous les professionnels de santé.

Quelles sont ces violences éducatives ordinaires ?

Physiques ou morales, ces violences et leur perception évoluent selon les époques : fessées, gifles, tirage d’oreille, châtiments corporels, ou toutes humiliations verbales ou psychologiques (chantage, insulte, retrait d’affection). Elles peuvent être considérées comme des méthodes, sinon éducatives, destinées à obtenir de l’enfant une certaine obéissance ponctuelle. Elles se transmettent de génération en génération. « Les parents l’ont très souvent vécu eux-mêmes. L’idée est de leur expliquer, en tant que professionnels, comment rebondir. Dans le temps, les gens allaient frapper à la porte d’une grand-mère ou du curé, quand ils étaient dépassés par un enfant désobéissant. Aujourd’hui, Super Nanny ou Pascal Le Grand Frère ne sont pas disponibles dans la vraie vie. Nous devons apporter des réponses. »

Quels risques pour les enfants ?

Elles peuvent donner le sentiment que l’enfant écoute, sur l’instant. Les psychologues pointent, surtout, un mécanisme de stress avec sidération. Ces violences peuvent entraîner un risque accru d’altération de l’estime de soi et du potentiel d’apprentissage. L’enfant peut développer des troubles psychologiques (anxiété, dépression, comportement à risque envers lui ou les autres), et des comportements agressifs et asociaux. La violence devient le mode de règlement des conflits. L’enfant peut aussi déclencher asthme, eczéma, maladies cardio-vasculaires…

Comment éviter ces violences ?

Selon les spécialistes, avant 6 ou 7 ans, l’enfant a des difficultés à réguler ses émotions. Les caprices n’existent pas. Cela ne veut pas dire qu’il faut tout accepter, mais écouter et réconforter l’enfant dans ses pleurs et sa colère, en n’oubliant pas que son comportement cache certainement un besoin : sommeil, faim, soif, contact… « Et surtout : en parler. »